31 juillet 2006
Les loups sont entrés dans Paris
Reçu de Jean-Pierre Repiquet à La Ciotat (jean-pierre.repiquet@wanadoo.fr)
J'ai longtemps hésité à communiquer sur ce sujet mais je n'ai pas le courage de faire une telle impasse, bien que n'étant pas sûr de pouvoir maîtriser la colère qui gronde en moi à l'évocation de cette infamie. Je vais donc, pour une fois, m'exprimer sans souci particulier de modération, avec les mots tels qu'ils me montent du fond de l'estomac.
J'entends dans ma mémoire la chanson de Serge Reggiani, "Les loups sont entrés dans Paris…" Et je suis profondément révolté de constater que dans mon pays, la France, il est de nouveau possible, comme au temps ou les "loups" étaient dans Paris, que des policiers en civil pénètrent dans une école pour arrêter deux enfants et les jeter dans un avion en partance pour je ne sais quel pays de misère.
Et je vois les interminables files d'attente, en plein soleil, de ces familles de clandestins à qui l'on fait miroiter une hypothétique et très médiatique régularisation.
Et je vois Nicolas Sarkosy, en postulant à la charge suprême, faire la tournée des palais africains pour menacer de supprimer les subsides de la France à ceux qui ne "garderaient pas leurs pauvres chez eux".
Et je vois Arno Klarsfeld, sa marionnette pathétique, son médiateur d'une cause jugée d'avance, servir délibérément d'alibi et de caution, sans égards pour la tragique histoire de son peuple et l'exemplarité de ses parents.
Et je vois certains députés, voter cette loi inique, sans même un mot de protestation, soucieux seulement de ne pas compromettre leur carrière en désobéissant au futur maître de la France, déshonorant ainsi, sans sourciller, leur fonction parlementaire.
Et combien d'autres enfants subiront le même sort ? Combien de familles seront séparées et détruites ? Combien de destins et d'espoirs entrevus seront, arbitrairement, brisés d'un coup de tampon préfectoral ?
Et tout ce déballage de malheur et d'injustice pour racler quelques voix de plus à la droite la plus extrême, pour surenchérir sur les sentiments les plus inavouables d'une certaine opinion publique à la dérive.
J'ai, bien sûr, signé la pétition de RESF tout en sachant qu'il est déjà trop tard. Le mal, cette fois n'est pas venu de l'extérieur de nos frontières, il attendait en nous comme une maladie opportuniste.
J'admire et je salue le courage des enseignants et des citoyens, connus ou obscurs, qui s'opposent à ces arrestations et se déclarent prêts à cacher les enfants recherchés, quelles que soient les sanctions dont ils sont menacés. Ils sont les porteurs d'espoir et leur résistance justifie, à elle seule, le sacrifice et les souffrances de ceux qui, autrefois, se sont battus contre les loups…
Commentaires
Poster un commentaire
Rétroliens
URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=115393&pid=2385487
Liens vers des weblogs qui référencent ce message :

