03 août 2006
David et Goliath
Reçu de Jean-Pierre Repiquet à La Ciotat (jean-pierre.repiquet@wanadoo.fr)
Les Israéliens viennent d'entrer dans la vingtième journée d'une expédition punitive qui a tué plus d'enfants libanais que de combattants du Hezbollah. Au moment où le premier ministre israélien, Ehud Olmert, déclarait que les infrastructures du Hezbollah étaient "presque entièrement détruites", près de deux cents roquettes et missiles, comme pour démentir ses propos, s'abattaient sur le nord d'Israël. Les moyens jetés dans la bataille sont totalement disproportionnés. Dix mille hommes sur le champ de bataille et dix mille autres en réserve près de la frontière, l'aviation la plus puissante de tout le proche orient, des centaines de pièces d'artillerie, des blindés en grand nombre et une flotte entière assurant le blocus des cotes libanaises. L'appui inconditionnel des Etats-Unis et l'accès aux technologies les plus récentes pèsent, également, très lourd dans la balance. En face, les forces du Hezbollah sont difficiles à évaluer. Quelques milliers d'hommes, de l'armement léger, des roquettes ou missiles d'une précision très approximative, pas d'aviation, pas d'artillerie et pas d'unités navales. L'atout principal du Hezbollah est, avant tout, une adhésion très forte des populations chiites dans lesquelles il est parfaitement intégré. Israël déclare pour objectifs La libération de ses soldats, l'arrêt des tirs de roquettes et la maîtrise d'une bande de six kilomètres tout le long de la frontière Sud du Liban. Après vingt jours de combats acharnés et de pilonnage intensif, ces objectifs ne sont toujours pas atteints.

En
s'attaquant au plus vulnérable de tous les pays de la région
et en ratant sa démonstration de force, Israël est en
train de jeter à terre le mythe fondateur de David et Goliath.
L'opinion publique internationale, déjà "agacée"
par la subjectivité de "l'allié américain",
est en train de se démarquer durablement de la "politique"
israélienne et finit par se demander qui est David ? Et qui
est Goliath ? Les images terribles qui parviennent chaque jour du
Liban et l'effroyable bilan des pertes civiles ne peuvent laisser,
longtemps, indifférent. L'argument, sans cesse martelé
du "droit à se défendre" a perdu toute
crédibilité et ne pourra pas convaincre beaucoup plus
longtemps. Tôt ou tard (et le plus tôt sera le mieux) un
cessez le feu finira par être imposé par la communauté
internationale. Ni la sécurité d'Israël, ni
l'équilibre de la région ne sortiront renforcés
de ce sinistre gâchis. Seuls les extrémismes, une fois
de plus, auront triomphé. N'aurait-il pas été
plus efficace et constructif qu'Israël utilise sa puissance pour
imposer une coopération à l'état libanais et à
l'autorité Palestinienne afin de désarmer les milices
et assurer la sécurité des frontières ? Il est
vrai qu'Israël, depuis sa création, a plus souvent été
gouverné par des militaires que par des diplomates…
31 juillet 2006
Les loups sont entrés dans Paris
Reçu de Jean-Pierre Repiquet à La Ciotat (jean-pierre.repiquet@wanadoo.fr)
J'ai longtemps hésité à communiquer sur ce sujet mais je n'ai pas le courage de faire une telle impasse, bien que n'étant pas sûr de pouvoir maîtriser la colère qui gronde en moi à l'évocation de cette infamie. Je vais donc, pour une fois, m'exprimer sans souci particulier de modération, avec les mots tels qu'ils me montent du fond de l'estomac.
J'entends dans ma mémoire la chanson de Serge Reggiani, "Les loups sont entrés dans Paris…" Et je suis profondément révolté de constater que dans mon pays, la France, il est de nouveau possible, comme au temps ou les "loups" étaient dans Paris, que des policiers en civil pénètrent dans une école pour arrêter deux enfants et les jeter dans un avion en partance pour je ne sais quel pays de misère.
Et je vois les interminables files d'attente, en plein soleil, de ces familles de clandestins à qui l'on fait miroiter une hypothétique et très médiatique régularisation.
Et je vois Nicolas Sarkosy, en postulant à la charge suprême, faire la tournée des palais africains pour menacer de supprimer les subsides de la France à ceux qui ne "garderaient pas leurs pauvres chez eux".
Et je vois Arno Klarsfeld, sa marionnette pathétique, son médiateur d'une cause jugée d'avance, servir délibérément d'alibi et de caution, sans égards pour la tragique histoire de son peuple et l'exemplarité de ses parents.
Et je vois certains députés, voter cette loi inique, sans même un mot de protestation, soucieux seulement de ne pas compromettre leur carrière en désobéissant au futur maître de la France, déshonorant ainsi, sans sourciller, leur fonction parlementaire.
Et combien d'autres enfants subiront le même sort ? Combien de familles seront séparées et détruites ? Combien de destins et d'espoirs entrevus seront, arbitrairement, brisés d'un coup de tampon préfectoral ?
Et tout ce déballage de malheur et d'injustice pour racler quelques voix de plus à la droite la plus extrême, pour surenchérir sur les sentiments les plus inavouables d'une certaine opinion publique à la dérive.
J'ai, bien sûr, signé la pétition de RESF tout en sachant qu'il est déjà trop tard. Le mal, cette fois n'est pas venu de l'extérieur de nos frontières, il attendait en nous comme une maladie opportuniste.
J'admire et je salue le courage des enseignants et des citoyens, connus ou obscurs, qui s'opposent à ces arrestations et se déclarent prêts à cacher les enfants recherchés, quelles que soient les sanctions dont ils sont menacés. Ils sont les porteurs d'espoir et leur résistance justifie, à elle seule, le sacrifice et les souffrances de ceux qui, autrefois, se sont battus contre les loups…

