Le blog de Rénover Maintenant en Région PACA

Blog des membres de Rénover Maintenant en Région PACA, composante régionale de l'association et du courant du Parti Socialiste

08 mai 2007

Consacrer désormais toutes nos forces à poursuivre la rénovation pour définir un projet de gauche adapté à la société d’aujourd’

par Thierry Mandon et Arnaud Montebourg

8 mai

En obtenant Dimanche 47% des voix dans un scrutin présidentiel marqué par une participation électorale record, Ségolène Royal a réussi, dans des conditions très différentes, à repositionner la gauche au niveau où Lionel Jospin l’avait placée aux présidentielles de 1995. Beaucoup, comme nous tous, seront déçus par un résultat dont ils attendaient beaucoup plus, espèrant la victoire. Mais peut-on considérer comme une "terrible défaite", selon les mots même d’un procureur indécent qui n’a pas attendu 5mn après 20h, dimanche soir, pour prononcer son réquisitoire, ce qui finalement n’est que le résultat tristement logique d’un parti socialiste dont nous avons si souvent dénoncé les conservatismes et le manque d’audace.

Rendons donc d’abord et avant tout justice à Ségolène Royal des changements considérables qu’elle a imposé aux socialistes dans sa campagne de modernisation accélérée : Révolution démocratique avec la VIème République, nouveaux outils de régulation économiques et fiscaux, priorité écologique, redéfinition et réorientation d’un projet européen protecteur et volontaire, ambition pour l’égalité scolaire, parité authentique. Sur tous ces points, Ségolène Royal aura imposé en 6 mois au parti des avancées pour lesquelles nous nous battions depuis 5 ans sans succès. Il faudra d’ailleurs rappeler à ceux qui ont la mémoire courte et dénoncent les errements de la période 2002-2007 que nous avons eu la constance de refuser la paresse idéologique et doctrinale dans laquelle nous ont enfermés les congrès de Dijon et du Mans et que nous n’avons jamais abandonné nos combats pour quelques responsabilités d’appareil. Cela nous rend plus fort pour soutenir le début de rénovation engagée par la campagne de Ségolène Royal, consacrer désormais toutes nos forces à la redéfinition d’un projet de gauche adapté à la société d’aujourd’hui et souhaiter vivement que Ségolène Royal fasse le choix de s’y investir, quels que soient les choix difficiles qu’il faudra assumer.

Car la rénovation d’un appareil sclérosé par 10 ans de gestion de compromis misérables sera tâche difficile. Elle impliquera de s’ouvrir puissamment sur la société, d’associer à notre réflexion intellectuelle, hommes et femmes de gauche d’autres formations politiques et d’inventer le cadre politique de ce travail d’envergure. Le Nouveau parti socialiste ? C’est toujours notre démarche, l’intention d’alors est désormais évidence pour tous. Mais il y a dejà urgence car 5 années, c’est court. Prendre la mesure véritable de l’etat de la société et des aspirations des citoyens, définir un projet ambitieux et crédible, rénover les pratiques et les équipes, bref rattraper le retard stratégique considérable que nous avons pris vis a vis de la droite nécessitera beaucoup de temps, qu’il faudra accomplir dans un délai record ! Il faut donc engager ce travail sans attendre, un congrès de la rénovation, pouvant se muer en assises de la gauche rénovée, devra donc se tenir d’ici la fin de l’année. Nous n’accepterons pas les tergiversations qui, visant à reporter l’inventaire des raisons de la défaite, auraient pour conséquence de faire en sorte que rien ne change. On ne rejouera pas 2002 en 2007.

Pas plus qu’on ne doit changer l’objet de la réflexion. Déjà, les plus fatigués du travail politique nous invitent à engager une réflexion sur notre stratégie d’alliance. "A gauche toute" disent les uns ; "avec le centre" déclarent les autres ! Ce n’est pas ainsi que nous concevons la rénovation. Il serait d’abord stupide de devoir choisir l’une ou l’autre de ces stratégies. Un parti socialiste rénové devra pouvoir rassembler à sa droite et à sa gauche, faute de quoi il serait condamné à dépérir au bénefice de formation plus jeunes et plus audacieuses. Mais surtout, la stratégie d’alliance n’est que l’aboutissement de la réflexion programmatique, en aucun cas son préalable. Quand nous devons repenser nos objectifs politique et nos outils, il faut d’abord investir toute son énergie sur le projet. Viendra ensuite la stratégie d’alliance et les éventuels compromis.

"Rénover maintenant !" écrivions nous apès le Mans. C’est toujours et plus que jamais notre projet après la défaite. Mais ce combat dépasse désormais notre seule sensibilité. Il doit devenir celui du parti tout entier, voire celui de toute la gauche de gouvernement. C’est désormais à cela, plus qu’aux vaines querelles d’appareil, que nous devons nous consacrer.

-  Thierry MANDON Porte parole de RM
-  Arnaud MONTEBOURG


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24 novembre 2006

Violences faites aux femmes

Reçu de Jean-Pierre Repiquet (jean-pierre.repiquet@wanadoo.fr) à La Ciotat

Le 25 novembre a été déclaré "journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes".

En tant qu'homme, socialiste et membre de Rénover maintenant, je tiens à m'associer à cette action et me déclarer solidaire de toutes les femmes qui souffrent de violences et de toutes celles qui luttent courageusement pour cette juste cause.

Les violences faites aux femmes appartiennent à la funeste litanie des violences faites aux plus faibles. Un peu partout dans le monde, les femmes sont prises en otage des conflits armés, bafouées dans leurs droits par les extrémismes religieux, asservies par la "tradition" et choisies comme victimes faciles par les lâches…

Notre époque féroce a vu se multiplier les cas de tortures et les sévices sur les personnes âgées, les enfants ou les femmes.  Les violences faites aux femmes sont un redoutable héritage des époques les plus barbares et des civilisations les plus approximatives. Pour beaucoup, la femme ne représente encore qu'une main d'œuvre peu coûteuse, une domesticité corvéable à merci et un exutoire commode à toutes les frustrations de l'homme, si tant est qu'il mérite encore ce nom. Les souffrances physiques et morales que subissent quotidiennement des milliers de femmes ne sont pas l'apanage de contrées lointaines ou d'époques révolues. On les retrouve ici et maintenant dans nos cités du vingt et unième siècle. Elles n'épargnent aucune couche sociale de notre orgueilleuse civilisation. Certes, les mutilations sexuelles, les mariages forcés et les représailles vis-à-vis des femmes insoumises ont été importés dans le sillage de l'immigration. Mais les violences conjugales, le viol, le harcèlement sexuel et les pressions morales de toutes sortes qui se déroulent dans la sphère privée sont des phénomènes "bien de chez nous". Aujourd'hui, en France, tous les trois jours, une femme meurt sous les coups de son conjoint !

Pendant des siècles, les violences conjugales ont été favorisées par un silence complice, un tabou, une "omerta" machiste… Aujourd'hui les langues commencent à se délier et les statistiques explosent. Cette recrudescence du nombre de cas n'est elle due qu'à une meilleure connaissance de l'ampleur du phénomène ? Pas si sûr !

La violence et les frustrations submergent notre société, la loi du plus fort devient un peu partout la règle et les femmes en sont les premières victimes. Le monde du travail est impitoyable, les emplois et les salaires se monnaient parfois sans contrôle et les femmes font l'objet de harcèlements sexuels et de chantages auxquels la réglementation du travail n'offre qu'un fragile rempart.

L'intolérance religieuse et le repli communautaire sont aussi générateurs de violences faites aux femmes. La "tradition" leur impose parfois d'humiliantes contraintes, une certaine "réclusion" sociale et une soumission d'un autre âge.

La misère, l'alcool et la drogue sont des zones de non droit et de danger mortel pour les femmes et leurs enfants.

Et puis, il y a ces cas, nombreux et inexplicables, de femmes appartenant à des milieux aisés, d'un haut niveau culturel et scolaire, possédant de solides revenus et une totale autonomie et qui subissent chaque jour la violence de leur conjoint sans oser l'avouer, sans oser partir… Honteuses et culpabilisées, elles subissent et se taisent.

Il est temps que les hommes prennent enfin en charge cette tragique réalité. Qu'ils fassent en sorte que le silence prenne fin. Que le législateur se penche sur le problème spécifique des femmes victimes de violence. Que la police soit consciente de son "devoir d'ingérence" dans les conflits familiaux.

Il est temps que les politiques et les citoyens réagissent contre cette infamie qui jette le voile le plus sombre sur les principes fondamentaux de la République. Il est temps que la Liberté, l'Egalité et la Fraternité s'appliquent aussi aux femmes !

Et, pour finir, je veux saluer le courage de toutes celles qui ont choisi de mener ce combat, parfois au prix de leur vie et qui jour après jour, à petits pas, font doucement évoluer les mentalités dans la bonne direction…

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17 novembre 2006

Une victoire pour tous les socialistes !

reçu de Jean-Pierre Repiquet (jean-pierre.repiquet@wanadoo.fr) à La Ciotat

Hier soir les socialistes ont enfin désigné leur candidat à l'élection présidentielle. Ce candidat est une candidate ce qui, en soi, est un évènement sans précédent. La victoire de Ségolène Royal était probable, elle est maintenant incontestable.

Il était temps que cette désignation intervienne. La campagne a été très dure et les mots échangés pas toujours fraternels. Certains sont allés si loin qu'il leur sera difficile de rejoindre le peloton. Chacun doit les y aider, oublier les dissensions d'hier et écarter les ressentiments qui pourraient naître aujourd'hui.

J'ai beaucoup entendu dire hier soir que, quel que soit le nom qui sortirait des urnes, ce serait celui d'un socialiste. C'est le langage de la raison !

Le parti socialiste a brillamment démontré qu'il était capable de porter le débat sur la place publique et désigner son candidat parmi trois postulants parfaitement crédibles et présidentiables. Cette première expérience d'élection primaire est l'exemple de démarche démocratique que le parti socialiste se devait de donner à l'ensemble de la classe politique et à tous les Français.

Nous devons maintenant nous mettre tous ensembles au travail, unir nos forces et tirer la charrue dans le même sens.

Le choix que nous avons fait n'est pas un choix facile. Ségolène Royal va devoir affronter le conservatisme le plus rigide, la pesanteur, l'immobilisme et même le machisme. Son investiture bouscule les habitudes de l'électorat et trouble la quiétude de la classe politique. Ses adversaires désignés tentent de jeter un voile opaque sur la clairvoyance des Français. Ils manipulent les chiffres et dissimulent les réalités. Ils masquent leur incompétence à endiguer la misère et les inégalités derrière l'épouvantail de l'insécurité.

Nous devons rétablir la réalité sans concessions, aborder tous les problèmes. Renverser tous les tabous. Redonner aux Français l'espoir et le goût de la victoire. Il nous faut les aider à envisager le chemin d'un nouvel avenir plus juste et plus solidaire. Il nous faut établir un nouveau fonctionnement des institutions démocratiques dans lequel le citoyen trouve sa véritable place. Il nous faut construire une nouvelle constitution pour la France qui redonne son véritable rôle à la représentation parlementaire. Nous devons, avec tous nos partenaires, remettre en chantier la construction européenne sur de nouvelles bases éclairées par le refus du TCE. Il nous faut réformer en profondeur le parti socialiste, notre parti !

Tout cela est possible si nous sommes unis et déterminés. Notre candidate a besoin de notre soutien et de notre travail pour porter le programme qui est le notre. La victoire qui est au bout de la route sera la victoire de tous les socialistes, de toute la gauche et de tous les Français.

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07 novembre 2006

Ségolène, l'espoir d'une génération

Reçu de Julia Rochette à Marseille (rochette.julia@free.fr) pour les Jeunes Socialistes pour la Rénovation


Aujourd'hui vient l'heure du choix pour les militants socialistes que nous sommes. Le choix de celui ou de celle qui portera le projet socialiste devant les français À l'occasion de l'élection présidentielle de 2007. Dans ce débat, faire un choix responsable et constructif est un impératif pour les militants et responsables socialistes. Ségolène ROYAL, dans son approche bouleverse la donne. Tant et si bien que pour nous, c'est elle...

La première priorité de la période est le renouvellement du personnel politique. En effet, la désaffection démocratique et le constat d'un parti vieillissant, et donc incapable d'assumer la proximité nécessaire avec l'électorat jeune et populaire, nous amène tout naturellement à aspirer à un renouvellement du personnel politique, en particulier au sein du Parti Socialiste.

Ségolène incarne ce renouvellement. Entourée d'une équipe jeune, dynamique, elle permet de remettre en mouvement un parti qui oublie trop souvent l'essentiel : écouter, comprendre et penser les besoins de nos concitoyens. Ce mouvement autour de Ségolène a pu surprendre, il a pu choquer, mais une seule question se pose : est-il utile ? Oui, assurément.

Grâce à sa volonté de changer les choses, au sein même de sa famille politique mais aussi au niveau national, elle suscite l'adhésion là où les autres candidats ne survivent que de fidélité. L'adhésion au-delà des divisions sur le référendum, l'adhésion au-delà des motions du Mans, l'adhésion au-delà des écuries traditionnelles et des clivages historiques. Cette adhésion est précieuse : elle préfigure d'un vrai rassemblement du camp du progrès, derrière celle qui désormais l'incarne. Cette volonté de changement effraie les « éléphants », prêts à s'unir, malgré des divergences profondes et non dissimulées, au nom d'une « expérience gouvernementale de premier plan » - soldée par un échec - pour empêcher l'évolution naturelle et nécessaire d'un socialisme enfin tourné vers l'avenir.

Face à une droite décomplexée, incarnant la corruption et les « affaires », faisant la promotion d'une France terne et sans couleurs, Ségolène prône un discours de diversité, de solidarité et de modernité.

Tous les jours, la droite détruit le lien social et encourage les communautarismes, prône la violence économique et réprime les réponses du mouvement social, fais la preuve de son attachement à une politique du déséquilibre social et montre sa démagogie et son électoralisme. De ce constat, il faut tirer une évidence : nous avons un devoir de victoire, nous avons le devoir d'incarner l'espérance du changement et l'alternative. Plus que jamais, le Parti Socialiste doit donc enfin se montrer responsable et choisir « celui ou celle qui sera le mieux placé ». Dès lors, Ségolène s'impose à nous comme la plus crédible face à un Nicolas SARKOZY qui fait tout pour qu'elle soit éliminée... Quelle meilleure preuve de ses chances de victoire ?

Gagner, c'est avoir l'occasion, et l'obligation, d'appliquer collectivement le projet socialiste.

Pour ces raisons, elle a fait le choix de respecter ses adversaires d'un jour, pour ne pas s'user avant d'affronter ses adversaires de toujours. Ce choix, exemplaire, n'est pas partagé par ceux qui préfèrent parier sur la défaite sans comprendre l'urgence.

La volonté de rassemblement affichée des trois candidats semble se neutraliser, en créant un point d'accord. Il n'en est rien. FABIUS, se proclamant le candidat du « non », essaye de se racheter une virginité politique auprès d'une extrême-gauche qui se souvient du social-libéralisme qu'il a toujours appliqué dans son action gouvernementale. DSK, se proclamant candidat de la « social-démocratie », tente de s'approprier les succès européens d'une forme de socialisme inadaptée à la France et propose de s'accomoder d'un libéralisme destructeur en traitant les symptomes à la marge, sans traiter les maux.

Ségolène, elle, se propose d'être la candidate des socialistes et de la gauche. Elle a donc fait le choix de s'adresser aux classes populaires, délaissées par le Parti Socialiste au profit d'un électorat de classes moyennes, urbain et diplômé. Ainsi, Ségolène fait le pari d'enrayer la montée sourde et violente de l'extrême-droite, pour retrouver enfin un équilibre démocratique et républicain.

Ségolène a donc fait le choix de porter le projet socialiste. Elle a aussi fait le choix de donner son avis sur des points essentiels où le projet s'est révélé insuffisant et peu novateur. Ce choix de l'honnêteté est assorti d'une garantie fondamentale : celle du renouveau démocratique qui laissera enfin le choix aux urnes. La démocratie participative se nourrit de responsables politiques comme Ségolène qui n'hésitent pas à donner leur avis sans pour autant prétendre l'imposer, parce que la démocratie représentative trouve ses limites dans l'irresponsabilités de ceux qui prétendent l'incarner.

En tant que jeunes, en tant que rénovateurs, mais surtout en tant que socialistes, volontaires et engagés, nous appelons tous les socialistes à se poser la question de l'avenir, à profiter de l'occasion qui leur est donnée d'exprimer leur choix pour soutenir celle qui peut changer les choses. Encore une fois, et sans hésiter : pour nous, c'est elle !

Paris, le 4 novembre 2006

Les Jeunes Socialistes pour la Rénovation

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04 octobre 2006

Populisme ou pragmatisme ?

Reçu  de Jean-Pierre Repiquet (La ciotat) jean-pierre.repiquet@wanadoo.fr

Un ami m'a récemment suggéré, en commentaire à une note, d'être un peu plus indulgent sur la notion de populisme et de réfléchir à l'importance du pragmatisme.

En cette période de débat démocratique, préliminaire nécessaire à une grande échéance électorale, la préférence est souvent donnée à un lyrisme républicain duquel préoccupations et soucis quotidiens sont exclus. Tous n'y trouvent pas leur compte. Les abstentionnistes à tendance protestataire sont la cible privilégiée de certains candidats qui leur disent volontiers ce qu'ils ont envie d'entendre en échange de leur bulletin.

Quand la violence des slogans tente de compenser la faiblesse des idées le populisme n'est pas loin.

Depuis des décennies le populisme gagne du terrain et la campagne des présidentielles de 2007 en est une triste illustration. De Jean Marie Le Pen à Nicolas Sarkosy une grande partie de la droite sacrifie à ce rite dévastateur. Le Pen dit sa messe au pied du moulin de Valmy pendant que Sarkosy vocifère et invective les magistrats au chevet des policiers blessés aux Tarterêts.   Le plus effrayant est de constater que cette "politique" est souvent payante ! Les excès de langage et les mises en scène médiatiques valent systématiquement à leurs auteurs les petits points qui font les grands sondages. Attention ! Le populisme n'est pas exclusivement de droite ! Les doctrinaires de tous bords y ont volontiers recours.

Un candidat aux élections présidentielles est toujours un grand professionnel et je ne crois pas un instant aux dérapages et maladresses verbales involontaires. "Le bruit et les odeurs, les détails de l'histoire, Le Durafour crématoire, la racaille et le Kärcher" ont tous rapporté, à leur auteur, leur pesant d'opinions favorables. Il s'agit du populisme de plus bas étage qui soit. La catégorie "supérieure" est constituée par l'exploitation délibérée et subjective de thèmes délicats et racoleurs. L'immigration et l'insécurité ont une valeur toute particulière sur le marché de la propagande et du populisme.

Ségolène Royal, Jean Marie Le Pen et Nicolas Sarkosy ne disent pas la même chose ! Ils abordent les mêmes sujets mais leurs propos respectifs traduisent toute la différence qui existe entre populisme et pragmatisme.

Alors, bien sûr, il ne faut pas laisser aux populistes l'exclusivité des thèmes les plus proches du quotidien des Français. Il faut prendre en compte, sans complexes, les sujets qui font problème. Le pragmatisme est une qualité essentielle en politique. Ségolène Royal a raison de parler de l'immigration, de la violence en milieu scolaire, de la délinquance des mineurs et d'autres sujets qui fâchent… Tous ces thèmes doivent être abordés sans fausse pudeur et traités avec esprit de justice, humanisme et respect du pacte républicain. Pour avoir négligé de le faire, la gauche s'est trouvée, un soir d'avril 2002, face à un choix cornélien.

La politique doit aider avec pragmatisme les citoyens à régler leurs problèmes concrets et quotidiens. Si le pragmatisme est nécessaire, je suis persuadé que les Français, malgré les difficultés quotidiennes, apprécient qu'on leur parle du rôle de la France dans le monde et de la grandeur de l'idéal républicain. La "standing ovation" faite à Dominique de Villepin après son discours à l'ONU reste dans les mémoires et dans les cœurs. Et la politique doit aussi être cela…

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28 août 2006

La France, de la guerre à la paix.

Reçu de Jean-Pierre Repiquet (La Ciotat)

L'armée libanaise se déploie progressivement avec pour objectif son interposition le long de la frontière israélienne. Cette jeune armée, dont le courage ne peut compenser l'inexpérience et le manque d'équipement, n'avait, jusque là, jamais pénétré au sud Liban. La FINUL "renforcée", qui est censée l'appuyer, n'est toujours pas constituée. Les "25" sont hésitants à s'engager. Chacun a pourtant conscience de l'urgence d'une interposition efficace qui, seule, peut permettre d'éviter la reprise des combats. Cette paix est particulièrement fragile. Des affrontements isolés ont lieu quotidiennement, les F16 survolent en permanence le Liban et le blocus naval et aérien, imposé par Israël, n'est toujours pas levé. Le Hezbollah refuse de déposer les armes et le moindre incident peut rallumer le feu qui couve sous les décombres. George Bush reproche à la France la tiédeur de son engagement et la lenteur d'acheminement de ses troupes sur le terrain.

C'est un bien mauvais procès qui est fait à la France !

Aucun mandat précis n'a, pour le moment, été donné à la FINUL et les conditions de son engagement ne sont toujours pas définies. Les Etats-Unis ont largement contribué à entretenir cette ambiguïté dans le but de favoriser l'allié israélien et ils n'entendent participer, en aucune manière, à la force d'interposition. Les 230 soldats français mis à la disposition de la FINUL ne constituent pas un effectif suffisant mais ils viennent s'ajouter aux 1700 hommes de l'opération navale "baliste", déjà présents sur place depuis près d'un mois. Deux mille autres devraient suivre très bientôt. L'opération Baliste a permis d'évacuer de la zone des combats un grand nombre de ressortissants de tous les pays et notamment américains. Elle a également permis d'acheminer des secours de première urgence et de faciliter l'intervention des organisations humanitaires. Les 230 soldats français en route pour le Liban emmènent dans leurs bagages 2200 tonnes de matériel dont une quinzaine de ponts du type "Bailey". Ces ponts sont destinés à rétablir les communications, par dessus le fleuve Litani, avec la région sud, pour l'heure totalement isolée du reste du pays.

Depuis le début de cette grave crise internationale, la France, devant la carence des organisations internationales, a pris, seule, l'initiative des missions qu'elle entendait mener à bien. Ces missions sont essentiellement tournées vers l'assistance aux populations civiles et l'armée française semble y être parfaitement dans son rôle.

La quatrième convention de Genève définit trois catégories qui se trouvent dans l'impossibilité de combattre et qui doivent, impérativement, être protégées au cours des conflits armés. Il s'agit des blessés, des prisonniers et des populations civiles. Les 192 pays signataires de ces conventions se sont engagés, non seulement à respecter, pour eux mêmes, ces règles, mais aussi à en imposer le respect aux belligérants de tous pays. Dans la sauvage bataille qui a opposée l'armée israélienne aux combattants du Hezbollah, les populations civiles ont payé le prix fort. Quelques protestations se sont fait entendre mais aucun pays ne s'est formellement opposé aux contrevenants. L'ensemble de la communauté internationale se trouve, de fait, en situation d'infraction aux conventions de Genève.

La France est un pays dont le passé militaire est impressionnant. De nombreuses et sombres périodes de notre histoire ont vu le territoire national se transformer en champ de bataille. Au son d'un hymne guerrier, la France a porté la guerre sur tous les continents, qu'il s'agisse de conquêtes coloniales, d'ambitions impériales ou d'assistance à ses alliés. L'armée française s'est peu à peu forgée en fonction de la diversité des missions et de la variété des théâtres d'opération. Aujourd'hui encore, elle possède des unités adaptées à toutes les conditions climatiques ou géographiques. Des spahis, qui constituaient l'avant-garde de l'opération "tempête du désert", aux chasseurs alpins qui servent encore aujourd'hui dans les montagnes afghanes, en passant par la légion étrangère et les troupes d'infanterie de marine, l'armée française a toutes les capacités nécessaires aux opérations extérieures et à la projection rapide.

La France est une puissance nucléaire crédible. Notre territoire national n'est pas menacé et n'a plus aucune raison de l'être même dans un avenir lointain. L'armée a été récemment professionnalisée et possède un très bon niveau de technologie et d'armement. Dans le cadre de l'élaboration d'un système de défense européen, son organisation et ses missions devront nécessairement être redéfinies. Le "culte de la force" ne fait plus guère d'adeptes sur ce vieux continent et nous pourrions envisager, sans déchoir, de tourner définitivement le dos à la guerre. Au cours des dernières semaines, nos diplomates se sont démenés pour obtenir un cessez le feu et ont fini par l'imposer. La communauté internationale a, unanimement, salué le rôle de la France dans cette victoire du courage et de la raison.

Pourquoi ne pas, définitivement, "repeindre en bleu" cette armée qui n'a pas démérité ? Non pas le bleu horizon de la campagne de 1914-1918, mais le bleu de la paix, le bleu ONU, le bleu des grandes causes humanitaires. La France, pays des droits de l'homme, n'est elle pas l'inventeur du devoir d'ingérence ? Ne pourrait on pas inventer une armée de la paix ? La protection des plus faibles nécessite, à la fois, force, sagesse et détermination. Notre histoire ne permet elle pas de justifier cette ambition ? Une telle décision ne contribuerait elle pas à rendre le monde plus juste et à briser enfin la facilité insidieuse qui entraîne les pays civilisés vers la loi du plus fort ? L'image et le rayonnement de la France n'en sortiraient ils pas grandis ? Ne serait il pas temps, également, d'adoucir un peu les paroles de notre hymne national et d'en faire un chant de paix ?

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08 août 2006

Souvenirs vénéneux…

Reçu de Jean-Pierre Repiquet à La Ciotat (jean-pierre.repiquet@wanadoo.fr)

Hasard du calendrier, les images de la destruction acharnée du petit état libanais et des populations écrasées sous les bombes m'ont remis en mémoire le sinistre anniversaire de la première attaque atomique de l'histoire : le bombardement d'Hiroshima.

Le 6 août 1945, le B29 Enola Gay, larguait à 9000 mètres d'altitude, une bombe d'une puissance de 20 kilotonnes. Cette bombe, surnommée "little boy", avait été soigneusement revêtue, sur la base de Tinian, de signatures et d'injures à l'adresse de l'empereur Hiro Hito. A 8h15, lorsqu'elle explosa ,75000 personnes périrent sur le coup. 50000 blessés moururent dans les semaines suivantes. En quelques secondes, l'humanité venait d'entrevoir le vrai visage de l'enfer !

L'équipage de l'Enola Gay fut décoré immédiatement après s'être posé sur la base de Tinian! Le 9 août 1945, Nagasaki fut bombardé à son tour. Une troisième ville, choisie pour cible, fut épargnée grâce à de mauvaises conditions météo. Le Japon capitula le 15 août 1945. Le syndrome d'irradiation aiguë, en particulier par affaiblissement des défenses immunitaires, continuera à tuer pendant des décennies. Le total cumulé des victimes d'Hiroshima et de Nagasaki est estimé à 400000 personnes. Aujourd'hui encore, le taux de certains types de cancer, sur les villes bombardées, est trois fois supérieur à la normale.

La spécificité "nucléaire" des armes utilisées ne sera comprise que très progressivement par l'opinion publique internationale. Les pertes humaines, prévisibles dans le cadre d'une opération de débarquement des Américains au Japon, serviront, pendant longtemps, de seule justification à l'utilisation de cette arme "extrême". En 1988, la déclassification de certaines archives du Pentagone et la publication de la correspondance du Président Truman montreront que la réalité est tout autre. A la capitulation de l'Allemagne nazie, le Japon est déjà très affaibli et sa défaite est devenue inéluctable. Les Soviétiques entrent en guerre le 8 août 1945 en envahissant la Mandchourie occupée par les Japonais. Dès lors, la capitulation reste la seule issue possible. L'Empereur avait décidé de cesser les hostilités dès le 20 juin 1945 et, au moment du bombardement d'Hiroshima, les pourparlers sont sur le point d'aboutir. L'usage, par les Américains, de "la bombe", n'est pas évoqué comme un élément décisif de sa décision de capituler. Alors comment expliquer le bombardement d'Hiroshima et, a fortiori, la récidive sur Nagasaki, trois jours plus tard.

Il apparaît que la décision finale ait été prise par l'état-major américain à qui le Président Truman avait laissé "carte blanche" sur cette opération. L'état-major avait le souci de démontrer "l'efficacité" et l'importance stratégique de cette nouvelle arme afin de justifier l'énorme investissement consenti. Le projet "Manhattan" élaboré en réponse à la course aux armements de l'Allemagne nazie, avait déjà coûté deux milliards de dollars au contribuable américain et sa poursuite ne pouvait être obtenue, du sénat, sans une démonstration incontestable.

Il convient également, pour Truman et Churchill, d'impressionner les Soviétiques et de ralentir leur ardeur conquérante. Le bombardement de Dresde, mené par l'aviation Anglo-Canadienne et Américaine, avait anéanti la ville dans la nuit du 13 au 14 février 1945. Ce bombardement extrêmement spectaculaire et meurtrier, sans aucun objectif militaire, procédait déjà de la même logique d'intimidation. Hiroshima et Nagasaki constituent le départ de la "guerre froide". Les Etats Unis venaient d'inventer une nouvelle façon d'avancer leur pion sur l'échiquier géopolitique.

Cette méthode, à grand spectacle, sera réutilisée par la suite, sans toutefois oser avoir, de nouveau, recours à l'arme nucléaire. Le Vietnam sera le théâtre de plusieurs démonstrations de force particulièrement sanglantes, à destination des Soviétiques et des Chinois. L'invasion de l'Afghanistan et de l'Irak a, également, été conduite de la même façon.

Il est à craindre que la symbolique "vitrification", dont est actuellement victime le Liban, procède de la même méthode de "démonstration/intimidation". Les Etats-Unis ne sont-ils pas en train de tenter d'impressionner l'Iran et la Syrie par l'intermédiaire de l'armée Israélienne ? Cette brutale et spectaculaire "exécution" n'est elle pas destinée à dissuader tous ceux qui voudraient s'opposer au "remodelage" du proche Orient selon Georges W. Bush. Il semble bien que la population civile libanaise soit en train de subir le sort des habitants d'Hiroshima et Nagasaki, le sort de victimes exemplaires d'un conflit qui ne les concerne pas.

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31 juillet 2006

Les loups sont entrés dans Paris

Reçu de Jean-Pierre Repiquet à La Ciotat (jean-pierre.repiquet@wanadoo.fr)

J'ai longtemps hésité à communiquer sur ce sujet mais je n'ai pas le courage de faire une telle impasse, bien que n'étant pas sûr de pouvoir maîtriser la colère qui gronde en moi à l'évocation de cette infamie. Je vais donc, pour une fois, m'exprimer sans souci particulier de modération, avec les mots tels qu'ils me montent du fond de l'estomac.

J'entends dans ma mémoire la chanson de Serge Reggiani, "Les loups sont entrés dans Paris…" Et je suis profondément révolté de constater que dans mon pays, la France, il est de nouveau possible, comme au temps ou les "loups" étaient dans Paris, que des policiers en civil pénètrent dans une école pour arrêter deux enfants et les jeter dans un avion en partance pour je ne sais quel pays de misère.

Et je vois les interminables files d'attente, en plein soleil, de ces familles de clandestins à qui l'on fait miroiter une hypothétique et très médiatique régularisation.

Et je vois Nicolas Sarkosy, en postulant à la charge suprême, faire la tournée des palais africains pour menacer de supprimer les subsides de la France à ceux qui ne "garderaient pas leurs pauvres chez eux".

Et je vois Arno Klarsfeld, sa marionnette pathétique, son médiateur d'une cause jugée d'avance, servir délibérément d'alibi et de caution, sans égards pour la tragique histoire de son peuple et l'exemplarité de ses parents.

Et je vois certains députés, voter cette loi inique, sans même un mot de protestation, soucieux seulement de ne pas compromettre leur carrière en désobéissant au futur maître de la France, déshonorant ainsi, sans sourciller, leur fonction parlementaire.

Et combien d'autres enfants subiront le même sort ? Combien de familles seront séparées et détruites ? Combien de destins et d'espoirs entrevus seront, arbitrairement, brisés d'un coup de tampon préfectoral ?   

Et tout ce déballage de malheur et d'injustice pour racler quelques voix de plus à la droite la plus extrême, pour surenchérir sur les sentiments les plus inavouables d'une certaine opinion publique à la dérive.

J'ai, bien sûr, signé la pétition de RESF tout en sachant qu'il est déjà trop tard. Le mal, cette fois n'est pas venu de l'extérieur de nos frontières, il attendait en nous comme une maladie opportuniste.

J'admire et je salue le courage des enseignants et des citoyens, connus ou obscurs, qui s'opposent à ces arrestations et se déclarent prêts à cacher les enfants recherchés, quelles que soient les sanctions dont ils sont menacés. Ils sont les porteurs d'espoir et leur résistance justifie, à elle seule, le sacrifice et les souffrances de ceux qui, autrefois, se sont battus contre les loups…   

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10 juillet 2006

Tir décisif

Reçu de Jean-Pierre Repiquet à La Ciotat (jean-pierre.repiquet@wanadoo.fr)

Dans le stade de Francfort, à la cinquante quatrième minute du match Brésil/France, Thierry Henry a sauvé le gouvernement de Villepin.

La France est en demi-finale ! Oubliés le CPE, CLEARSTREAM, Guy DRUT, la privatisation de GDF, les 73% de mécontents…Et j'en passe.

Les Français ne pensent plus qu'à la finale du "Mundial" dont un heureux coup de pied a fait renaître l'espoir.

Les empereurs romains avaient déjà compris, qu'en période troublée, un spectacle de cirque ou un combat de gladiateurs suffisaient à rétablir la paix sociale. Qui aurait pu croire que deux mille ans plus tard, la mystérieuse mécanique qui régit les courants et méandres de l'opinion publique, obéirait toujours aux mêmes règles ?

Le football, en devenant une religion, serait il devenu tout naturellement l'anxiolytique préféré des masses laborieuses ? Et que se passerait il si "Les Bleus" gagnaient la finale ? Jacques CHIRAC pourrait il être réélu pour un troisième mandat ?

Décidément, seules les guerres et les grandes compétitions sportives rassemblent, en un consensus absolu, les peuples derrière leurs dirigeants.

Que serait il advenu du troisième Reich sans les jeux olympiques de Berlin ? Georges BUSH serait il encore président sans l'invasion de l'Irak ? Tout le monde n'a pas les mêmes moyens ni les mêmes ambitions et nous préférons le football. D'ailleurs les tentatives de manipulation de l'actualité n'ont pas toujours très bien réussi à nos dirigeants. La libération providentielle des otages français du Liban, cousue d'un fil trop blanc, avait, en son temps, coûté son élection à Jacques CHIRAC.

Quelle est la nature exacte des relations qui existent entre l'idéal sportif et la raison d'état ? Sans doute pas beaucoup plus avouables que les relations entre milieu sportif, milieu de la finance et milieu tout court.

Enfin, je ne vais tout de même pas prétendre, ici, que la débâcle intestinale de Ronaldo pendant la finale de 1998 était un "coup" des services secrets…

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20 juin 2006

Hold-up au Palais Bourbon…

reçu de Jean-Pierre Repiquet à La Ciotat (jean-pierre.repiquet@wanadoo.fr)

<p><p>Le "Sarkozy code" enfin décrypté… </p></p>

Le 16 juin 2006, le Premier Ministre déclarait renoncer à présenter au parlement le projet de loi autorisant la privatisation de Gaz de France. Beaucoup y ont vu la marque d'un nouvel échec et le signe de la résignation.

Cette privatisation constitue un préalable indispensable à la fusion Suez/GDF imaginée par Dominique de Villepin et annoncée par lui, le 25 février, sur le perron de Matignon, devant toute la presse convoquée pour l'occasion. Il attribuait alors cette mesure, sans fausse modestie, a son "patriotisme économique". L'indépendance de GDF était prétendument menacée par une éventuelle OPA du groupe ENEL et la fusion avec Suez était la "seule parade possible". Cette démarche constitue surtout une continuité logique de la promulgation, le 9 août 2004, de la loi transformant EDF et GDF en sociétés anonymes et de l'introduction en bourse de GDF le 8 juillet 2005.

Par "patriotisme", De Villepin venait de vendre à l'étranger, un des plus beaux bijoux de la famille France…

La création d'EDF/GDF était intervenue au lendemain de la guerre, à l'initiative du Conseil National de la Résistance, et devait assurer à la France, en toutes circonstances, son autonomie énergétique. Sa construction ne fût pas chose facile. Tout au long des cinquante ans de son histoire, EDF/GDF a coûté de longs et pénibles efforts au contribuable français. Le groupe est devenu peu à peu un outil efficace de développement économique et un véritable symbole du service public "à la française". Le mètre cube de gaz et le kilowatt/heure au même prix, quelles que soient la localisation du consommateur sur le territoire français et les difficultés de raccordement, sont rapidement devenus une référence internationale. Cet idéal d'équité dans la répartition de l'indispensable énergie et la fierté un peu "franchouillarde" qu'ont suscité les exploits technologiques du groupe, lui ont attribué une forte valeur "patrimoniale" dans l'esprit des Français.

Lorsque Dominique de Villepin s'est avisé de vouloir préparer un projet de loi de privatisation de GDF, consacrant ainsi le désengagement définitif de l'état et le mariage avec Suez, il a été accueilli au palais bourbon par une véritable "bronca".

L'aile gauche de l'hémicycle a déclaré d'une seule voix qu'elle s'opposerait par tous moyens et astuces de procédure à l'adoption de ce projet scélérat. Dans les rangs de l' UMP, et contre toute attente, la mesure n'a pas fait l'unanimité, c'est le moins que l'on puisse dire…

Comprenant qu'il allait droit au devant d'un nouvel échec, Dominique de Villepin a, donc, annoncé l'ajournement du projet.

Il serait très inconvenant qu'il utilise le 49.3 contre sa propre majorité et son actuel "affaiblissement" (73% d'opinions défavorables) ne doit pas l'inciter à affronter une nouvelle fois la vindicte populaire.

Ajournement, oui…, mais pas pour longtemps. Le 19 juin 2006, soit trois jours plus tard, il décide que son impopularité étant probablement la seule cause de l'échec, ce serait désormais Thierry Breton qui porterait le projet ! Le ministre des finances fait "la tournée des popotes" avec pour mission de convaincre, un à un, les parlementaires UMP du bien-fondé de l'opération "fusion". Le projet leur sera resservi, comme un plat froid, dès le mois de septembre.

Voici encore un bel exemple de respect de la volonté du peuple français et de parfaite compréhension du fonctionnement des institutions de la République.         

Jean Pierre Repiquet, La Ciotat, le 20.VI.2006

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