Le blog de Rénover Maintenant en Région PACA

Blog des membres de Rénover Maintenant en Région PACA, composante régionale de l'association et du courant du Parti Socialiste

21 mai 2006

Qui ou proquo?

Reçu de Marc Giard à Avignon (mgiard@wanadoo.fr)

Pour éviter toute ambiguïté relative à     un mail que j'avais fait passer récemment sur la liste concernant les     Professeurs d'Université et les Maîtres de Conférence comme seuls     "autorisés" à intervenir sur les questions économiques. Mon propos était     ironique et, si je faisais allusion à un quelconque encartement, c'était en     référence à un échange qui avait eu lieu précédemment entre des militants PS     (dont je fais partie depuis hier) et ceux de RM à propos d'une réunion     organisée et/ou animée par notre Président. Plus sérieusement, moi-même     doctorant, donc universitaire et faisant partie d'un groupe de recherche     composé d'éminents Professeurs (dont certains sont émérites...c'est pour     dire) qui sont cités dans mes contributions, je serais mal placé pour les     dénigrer. Ce que je voulais exprimer, c'est que, en toute humilité     socratique, je me revendique comme un intellectuel avec une praxis     cohérente(de terrain) une posture qui déplait souverainement à quelques     gardiens du dogme de la pensée économique, y compris et surtout à certains     qui oeuvent dans le champ de l'Economie Sociale et Solidaire, qui dissertent     en permanence du terrain et des exclus que génére le capitalisme, mais avec     lequels ils sont complètement déconnectés, protégés par leurs satuts et qui     sortent rarement de leurs cathédrales du savoir savant. Socrate reconnaîtra     les siens! Un réseau avec lequel j'ai pris quelque distance (tout en gardant     le contact avec beaucoup de ses structures et praticiens) au profit des     promoteurs du paradigme émergent de l'Après Développement et de l'Economie     Sociale et Ecologique sur lesquels je travaille. Une posture qui m'avait     rapproché de Bernard CHEVALIER d'Apt, dont il a été élu, Docteur d'Etat,     Professeur à Aix, Président puis co Président du Comité de Bassin d'Emploi,     militant acharné au PS que beaucoup doivent connaître, décédé     prématurement en mai 2005, et avec lequel j'ai travaillé pendant deux     ans lorsque j'étais en poste à l'Isle sur la Sorgue. Pendant cette période,     il m'a beaucoup appris sur l'incontournable travail en partenariat qui doit     s'instaurer entre les citoyens, les élus, les chercheurs, les entrepreneurs     de toute nature et les institutions pour mettre en oeuvre des politiques     structurantes socio-économiques (comme celles de la Région) pour un     aménagement et un développement local, aménagé et concerté des territoires.     Un travail qui lui valait souvent des incompréhensions, voire des inimitiés     car, dans notre pays constitué de grands corps, sectorisé et catégoriel, la     transversalité, même si beaucoup la vantent et s'en réclament, est     particulièrement difficile à mettre en oeuvre. Je connais malheureusemnt     très bien le problème. Bernard m'avait permis aussi de rencontrer JL.     GUIGOU, Délégué Général à la DATAR qui, sur ce sujet, était intarrissable et     d'une très grande compétence. Enfin, si Bernard et moi-même, nous nous     accrochions parfois, c'était toujours avec respect et de façon constructive     et, pensant souvent à lui, ces quelques lignes que je vous adresse sont un     clin d'oeil à cet ami trop tôt disparu.    

Comme je n'ai eu aucun retour sur mon bref propos qui aurait pu passer     pour un quiproquo,je pense que "ce n'était pas plus grave que si c'était     pire..."

   

Ci-dessous, pour ceux que ça intéresse, les références de l'ouvrage de     Bernard CHEVALIER, à mon avis plus que jamais d'actualité.      PLANIFICATION PAR PROJET ET ORGANISATION DES TERRITOIRES Bernard Chevalier     Préface de Jean-Louis Guigou janvier 2000 L'Harmattan. Je peux le     prêter.

   

A partir de ses expériences, l'auteur élabore un système concret     d'actions et de décisions, forme originale de conduite des projets,     il montre comment, en associant les différentes catégories d'acteurs     privés et publics, une pratique d'innovation collective peut prendre corps     et progresser au niveau local. Cette démarche permet au local de s'ouvrir     aux autres niveaux de l'organisation et de la décision territoriale,     notamment la région, l'État, l'Europe.

   

Puisque j'ai évoqué Socrate, je ne peux m'empêcher de livrer à ceux qui     ne le connaisse pas ce dialogue entre Socrate et l'Oracle que l'on attribue     à un humoriste. L'Oracle: Socrate est le plus savant     des hommes. Socrate: ce que je sais, c'est que je ne     sais rien. L'Oracle: celui qui ne sait rien en sait     toujours autant que ceux qui n'en savent pas plus que lui!

 

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14 mars 2006

Philosophie économique et politique

Reçu le 14 mars de Marc Giard à Avignon mail : mgiard@wanadoo.fr

Philosophie économique et politique

Avec "La Constitution de la 6e République" le cadre politique, institutionnel et démocratique est posé pour l'avenir, au niveau local, national et européen, donc international. Il faut travailler maintenant à sa mise en oeuvre concrète. Le chantier est en marche.

Par contre, concernant l'économie en général, et les politiques économiques et sociales en particulier, tout ou presque, reste à faire pour sortir de l'ultra libéralisme. Dans ce domaine aussi, un changement encore plus important, nécessaire et urgent que l'instauration d'une nouvelle constitution politique doit se produire.

Pour étayer ce qui suit, je reprends quelques propos d'Arnaud MONTEBOURG durant l'émission "Riposte" ce dimanche concernant les 35 heures. Je l'ai enregistrée pour ne pas trop déformer ce qu'il a dit sur ce sujet : «nous avons raté les 35 heures sur la question du pouvoir d'achat, des salaires et de la relance de l'économie ... la question du pouvoir d'achat aujourd'hui est centrale ... nous n'avons pas, à ce moment là, mesuré à quel point l'économie avait besoin de poursuivre sa route ... pour nous une politique de gauche, c'est une politique qui va passer par le pouvoir d'achat »

Ce changement se propose de remédier à ce "ratage" qui passe par la rupture avec la croissance pour la croissance qui crée de moins en moins d'emplois, et avec le profit pour le profit qui concentre et/ou internationalise de plus en plus le capital financier sans redistribuer la richesse à ceux qui la produisent. Bien plus que la question théorique du champ de l'économie devenu autonome du politique, du social et de l'écologique, il s'agit d'une rupture épistémologique impérative et incontournable.

La seule piste crédible passe par ce que l'on appelle communément la décroissance ou «a-croissance » qui est tout sauf la fin de la croissance ou la croissance zéro, mais avant tout un slogan qui s'attaque, dans un premier temps, à la décolonisation de notre imaginaire économique, à notre toxico dépendance vis à vis de la croissance générée par l'économisme que nous subissons (mass médiatisation) et que nous acceptons sans notre consentement (violence symbolique) et aux pré supposés qui fondent la croyance en la toute puissance mystificatrice d'une croissance qui pourrait être illimitée, mais à partir de ressources limitées.

Ensuite c'est une manière de répartir différemment la productivité et de redistribuer la richesse ex ante et non ex post comme dans les politiques économiques classiques (keynésienne comprise) tout en produisant, en vendant et en consommant autrement. Ceci ne peut se faire sans la Réduction de la Durée du Travail (terme exact utilisé par Olivier BESANCENOT ... ) qui s'est transformée en la pernicieuse RTT ou annualisation/flexibilité du travail. Mon travail, que je dénomme « Pour une mésoéconomie politique » se situe parmi ceux d'autres chercheurs (que je ne peux citer tous ici) dont mon ami Serge LATOUCHE, dans le prolongement des travaux d'André GORZ, qui conjuguent la réduction de la durée du travail, la création d'emplois additionnels et l'augmentation des salaires et des prestations sociales dans le cadre d'une restructuration économique, écologique et sociale qui, seule, peut (re)localiser l'économie afin d'éviter les délocalisations, répondre aux besoins non satisfaits des citoyens que ne remplit ni le secteur marchand privé classique, ni le secteur public, tout en aménageant, de façon concertée, leur territoire de vie.

Reste à savoir si RM13 est prêt à travailler sur cette question centrale autrement plus dérangeante qu'un changement de constitution (qui ne serait que le cinquième) pour l'orthodoxie économique, mais encore plus pour les hétérodoxes, parce que mal, peu ou inconnue.

Créer une Commission sur ce sujet entrerait tout à fait dans ce qu'Arnaud MONTEBOURG souhaite pour Rénover Maintenant à savoir qu'il soit plus qu'un courant, mais un laboratoire d'idées et un mouvement qui rassemble tous ceux qui, au sein du Parti Socialiste comme à l'extérieur, veulent apporter leur contribution à la transformation de la société.

Je reste à votre disposition pour mettre en place une telle Commission et, avec quelques uns, l'animer et la gérer.

Posté par rmpaca à 23:12 - Faire face au capitalisme - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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