17 novembre 2006
Une victoire pour tous les socialistes !
reçu de Jean-Pierre Repiquet (jean-pierre.repiquet@wanadoo.fr) à La Ciotat
Hier soir les socialistes ont enfin désigné leur candidat à l'élection présidentielle. Ce candidat est une candidate ce qui, en soi, est un évènement sans précédent. La victoire de Ségolène Royal était probable, elle est maintenant incontestable.
Il était temps que cette désignation intervienne. La campagne a été très dure et les mots échangés pas toujours fraternels. Certains sont allés si loin qu'il leur sera difficile de rejoindre le peloton. Chacun doit les y aider, oublier les dissensions d'hier et écarter les ressentiments qui pourraient naître aujourd'hui.
J'ai beaucoup entendu dire hier soir que, quel que soit le nom qui sortirait des urnes, ce serait celui d'un socialiste. C'est le langage de la raison !
Le parti socialiste a brillamment démontré qu'il était capable de porter le débat sur la place publique et désigner son candidat parmi trois postulants parfaitement crédibles et présidentiables. Cette première expérience d'élection primaire est l'exemple de démarche démocratique que le parti socialiste se devait de donner à l'ensemble de la classe politique et à tous les Français.
Nous devons maintenant nous mettre tous ensembles au travail, unir nos forces et tirer la charrue dans le même sens.
Le choix que nous avons fait n'est pas un choix facile. Ségolène Royal va devoir affronter le conservatisme le plus rigide, la pesanteur, l'immobilisme et même le machisme. Son investiture bouscule les habitudes de l'électorat et trouble la quiétude de la classe politique. Ses adversaires désignés tentent de jeter un voile opaque sur la clairvoyance des Français. Ils manipulent les chiffres et dissimulent les réalités. Ils masquent leur incompétence à endiguer la misère et les inégalités derrière l'épouvantail de l'insécurité.
Nous devons rétablir la réalité sans concessions, aborder tous les problèmes. Renverser tous les tabous. Redonner aux Français l'espoir et le goût de la victoire. Il nous faut les aider à envisager le chemin d'un nouvel avenir plus juste et plus solidaire. Il nous faut établir un nouveau fonctionnement des institutions démocratiques dans lequel le citoyen trouve sa véritable place. Il nous faut construire une nouvelle constitution pour la France qui redonne son véritable rôle à la représentation parlementaire. Nous devons, avec tous nos partenaires, remettre en chantier la construction européenne sur de nouvelles bases éclairées par le refus du TCE. Il nous faut réformer en profondeur le parti socialiste, notre parti !
Tout cela est possible si nous sommes unis et déterminés. Notre candidate a besoin de notre soutien et de notre travail pour porter le programme qui est le notre. La victoire qui est au bout de la route sera la victoire de tous les socialistes, de toute la gauche et de tous les Français.
07 novembre 2006
Ségolène, l'espoir d'une génération
Reçu de Julia Rochette à Marseille (rochette.julia@free.fr) pour les Jeunes Socialistes pour la Rénovation
Aujourd'hui vient l'heure du choix pour les militants socialistes que nous sommes. Le choix de celui ou de celle qui portera le projet socialiste devant les français À l'occasion de l'élection présidentielle de 2007. Dans ce débat, faire un choix responsable et constructif est un impératif pour les militants et responsables socialistes. Ségolène ROYAL, dans son approche bouleverse la donne. Tant et si bien que pour nous, c'est elle...
La première priorité de la période est le renouvellement du personnel politique. En effet, la désaffection démocratique et le constat d'un parti vieillissant, et donc incapable d'assumer la proximité nécessaire avec l'électorat jeune et populaire, nous amène tout naturellement à aspirer à un renouvellement du personnel politique, en particulier au sein du Parti Socialiste.
Ségolène incarne ce renouvellement. Entourée d'une équipe jeune, dynamique, elle permet de remettre en mouvement un parti qui oublie trop souvent l'essentiel : écouter, comprendre et penser les besoins de nos concitoyens. Ce mouvement autour de Ségolène a pu surprendre, il a pu choquer, mais une seule question se pose : est-il utile ? Oui, assurément.
Grâce à sa volonté de changer les choses, au sein même de sa famille politique mais aussi au niveau national, elle suscite l'adhésion là où les autres candidats ne survivent que de fidélité. L'adhésion au-delà des divisions sur le référendum, l'adhésion au-delà des motions du Mans, l'adhésion au-delà des écuries traditionnelles et des clivages historiques. Cette adhésion est précieuse : elle préfigure d'un vrai rassemblement du camp du progrès, derrière celle qui désormais l'incarne. Cette volonté de changement effraie les « éléphants », prêts à s'unir, malgré des divergences profondes et non dissimulées, au nom d'une « expérience gouvernementale de premier plan » - soldée par un échec - pour empêcher l'évolution naturelle et nécessaire d'un socialisme enfin tourné vers l'avenir.
Face à une droite décomplexée, incarnant la corruption et les « affaires », faisant la promotion d'une France terne et sans couleurs, Ségolène prône un discours de diversité, de solidarité et de modernité.
Tous les jours, la droite détruit le lien social et encourage les communautarismes, prône la violence économique et réprime les réponses du mouvement social, fais la preuve de son attachement à une politique du déséquilibre social et montre sa démagogie et son électoralisme. De ce constat, il faut tirer une évidence : nous avons un devoir de victoire, nous avons le devoir d'incarner l'espérance du changement et l'alternative. Plus que jamais, le Parti Socialiste doit donc enfin se montrer responsable et choisir « celui ou celle qui sera le mieux placé ». Dès lors, Ségolène s'impose à nous comme la plus crédible face à un Nicolas SARKOZY qui fait tout pour qu'elle soit éliminée... Quelle meilleure preuve de ses chances de victoire ?
Gagner, c'est avoir l'occasion, et l'obligation, d'appliquer collectivement le projet socialiste.
Pour ces raisons, elle a fait le choix de respecter ses adversaires d'un jour, pour ne pas s'user avant d'affronter ses adversaires de toujours. Ce choix, exemplaire, n'est pas partagé par ceux qui préfèrent parier sur la défaite sans comprendre l'urgence.
La volonté de rassemblement affichée des trois candidats semble se neutraliser, en créant un point d'accord. Il n'en est rien. FABIUS, se proclamant le candidat du « non », essaye de se racheter une virginité politique auprès d'une extrême-gauche qui se souvient du social-libéralisme qu'il a toujours appliqué dans son action gouvernementale. DSK, se proclamant candidat de la « social-démocratie », tente de s'approprier les succès européens d'une forme de socialisme inadaptée à la France et propose de s'accomoder d'un libéralisme destructeur en traitant les symptomes à la marge, sans traiter les maux.
Ségolène, elle, se propose d'être la candidate des socialistes et de la gauche. Elle a donc fait le choix de s'adresser aux classes populaires, délaissées par le Parti Socialiste au profit d'un électorat de classes moyennes, urbain et diplômé. Ainsi, Ségolène fait le pari d'enrayer la montée sourde et violente de l'extrême-droite, pour retrouver enfin un équilibre démocratique et républicain.
Ségolène a donc fait le choix de porter le projet socialiste. Elle a aussi fait le choix de donner son avis sur des points essentiels où le projet s'est révélé insuffisant et peu novateur. Ce choix de l'honnêteté est assorti d'une garantie fondamentale : celle du renouveau démocratique qui laissera enfin le choix aux urnes. La démocratie participative se nourrit de responsables politiques comme Ségolène qui n'hésitent pas à donner leur avis sans pour autant prétendre l'imposer, parce que la démocratie représentative trouve ses limites dans l'irresponsabilités de ceux qui prétendent l'incarner.
En tant que jeunes, en tant que rénovateurs, mais surtout en tant que socialistes, volontaires et engagés, nous appelons tous les socialistes à se poser la question de l'avenir, à profiter de l'occasion qui leur est donnée d'exprimer leur choix pour soutenir celle qui peut changer les choses. Encore une fois, et sans hésiter : pour nous, c'est elle !
Paris, le 4 novembre 2006
Les Jeunes Socialistes pour la Rénovation
04 octobre 2006
Populisme ou pragmatisme ?
Reçu de Jean-Pierre Repiquet (La ciotat) jean-pierre.repiquet@wanadoo.fr
Un ami m'a récemment suggéré, en commentaire à une note, d'être un peu plus indulgent sur la notion de populisme et de réfléchir à l'importance du pragmatisme.
En cette période de débat démocratique, préliminaire nécessaire à une grande échéance électorale, la préférence est souvent donnée à un lyrisme républicain duquel préoccupations et soucis quotidiens sont exclus. Tous n'y trouvent pas leur compte. Les abstentionnistes à tendance protestataire sont la cible privilégiée de certains candidats qui leur disent volontiers ce qu'ils ont envie d'entendre en échange de leur bulletin.
Quand la violence des slogans tente de compenser la faiblesse des idées le populisme n'est pas loin.
Depuis des décennies le populisme gagne du terrain et la campagne des présidentielles de 2007 en est une triste illustration. De Jean Marie Le Pen à Nicolas Sarkosy une grande partie de la droite sacrifie à ce rite dévastateur. Le Pen dit sa messe au pied du moulin de Valmy pendant que Sarkosy vocifère et invective les magistrats au chevet des policiers blessés aux Tarterêts. Le plus effrayant est de constater que cette "politique" est souvent payante ! Les excès de langage et les mises en scène médiatiques valent systématiquement à leurs auteurs les petits points qui font les grands sondages. Attention ! Le populisme n'est pas exclusivement de droite ! Les doctrinaires de tous bords y ont volontiers recours.
Un candidat aux élections présidentielles est toujours un grand professionnel et je ne crois pas un instant aux dérapages et maladresses verbales involontaires. "Le bruit et les odeurs, les détails de l'histoire, Le Durafour crématoire, la racaille et le Kärcher" ont tous rapporté, à leur auteur, leur pesant d'opinions favorables. Il s'agit du populisme de plus bas étage qui soit. La catégorie "supérieure" est constituée par l'exploitation délibérée et subjective de thèmes délicats et racoleurs. L'immigration et l'insécurité ont une valeur toute particulière sur le marché de la propagande et du populisme.
Ségolène Royal, Jean Marie Le Pen et Nicolas Sarkosy ne disent pas la même chose ! Ils abordent les mêmes sujets mais leurs propos respectifs traduisent toute la différence qui existe entre populisme et pragmatisme.
Alors, bien sûr, il ne faut pas laisser aux populistes l'exclusivité des thèmes les plus proches du quotidien des Français. Il faut prendre en compte, sans complexes, les sujets qui font problème. Le pragmatisme est une qualité essentielle en politique. Ségolène Royal a raison de parler de l'immigration, de la violence en milieu scolaire, de la délinquance des mineurs et d'autres sujets qui fâchent… Tous ces thèmes doivent être abordés sans fausse pudeur et traités avec esprit de justice, humanisme et respect du pacte républicain. Pour avoir négligé de le faire, la gauche s'est trouvée, un soir d'avril 2002, face à un choix cornélien.
La politique doit aider avec pragmatisme les citoyens à régler leurs problèmes concrets et quotidiens. Si le pragmatisme est nécessaire, je suis persuadé que les Français, malgré les difficultés quotidiennes, apprécient qu'on leur parle du rôle de la France dans le monde et de la grandeur de l'idéal républicain. La "standing ovation" faite à Dominique de Villepin après son discours à l'ONU reste dans les mémoires et dans les cœurs. Et la politique doit aussi être cela…
25 septembre 2006
Sortie de crise, ou implosion?
Reçu de Patrick Le Ray (Rénover Maintenant Ile-et-Vilaine)
Effectivement,
face au déni de démocratie dans la procédure de décision de cette
« alliance », imposer un vote en
AG fût notre façon de réagir
(juste et saine) réaction.
Mais depuis, et sans avoir besoin du vote, nous l’avons largement
exprimé ce
refus de « mésalliance ». Il est temps de passer à autres chose...
Je
suis maintenant persuadé que cette proposition de vote est une erreur
(inopportune et «piégeant »). La question sera tj mal posée,
interprétable et divisera le courant – le sens est hors champs, car
derrière le vote sur la démarche d’Arnaud, il s'agit de se positionner
sur la
candidate).
Ce n’est pas la vocation de notre courant d’apporter sa caution à un
candidat
(ouvert aux adhérents non PS qui sont venu pour nos convictions, pas
pour : oui/non S.R).
Nous
ne devrions pas avoir à entériner la démarche d’un militant (Arnaud ou
autre)
tant qu’elle reste personnelle. Nous pouvons la commenter et en
débattre, mais
point. (Devrions nous voter, pour ou contre, la décision de chacun des
membres
du CA ?).
Si,
aujourd’hui, on oblige le courant à se positionner , le problème est de
savoir
ce que nous ferions, alors, après?
Le
résultat du vote va créer ce clivage ou des départs (inefficace pour
« agir », anesthésiants pour ceux qui restent).
Que
l'on soit pour ou contre la démarche d'Arnaud, RM n'égale pas Désirs
d’avenir;
C’est pour ces raisons que nous n’avons pas à impliquer R.M dans la
démarche
personnelle d’un de nos adhérents, (de 10 ou 100 peu importe).
En
refusant ce vote nous gardons notre « autonomie » capacité d’agir et
de critiques.
Arnaud
M. est libre de son choix, on peut le respecter comme chaque adhérent,
mais
c'est à lui de l’assumer, pas à RM.
Ce
n’est pas au sein du PS que nous avons (le plus) à convaincre. La
« bataille » se gagnera sur un projet de gauche « contre
libéral » à l’extérieur. Pour ce, et fidèle à ce qui nous a
rassemblé à RM, il faut pouvoir "parler sans parti pris".
Ainsi,
nous pourrons sortir de l’impasse d’un débat polarisé autour de
« oui/non
à S.R » et passer à autre chose.
Cela
rejoint la proposition de Moglia, qui était la plus sage des décisions,
Non ?
Que
les AG fassent remonter le refus du vote
À méditer…
28 août 2006
La France, de la guerre à la paix.
Reçu de Jean-Pierre Repiquet (La Ciotat)
L'armée
libanaise se déploie progressivement avec pour objectif son
interposition le long de la frontière israélienne. Cette jeune armée,
dont le courage ne peut compenser l'inexpérience et le manque
d'équipement, n'avait, jusque là, jamais pénétré au sud Liban. La FINUL
"renforcée", qui est censée l'appuyer, n'est toujours pas constituée.
Les "25" sont hésitants à s'engager. Chacun a pourtant conscience de
l'urgence d'une interposition efficace qui, seule, peut permettre
d'éviter la reprise des combats. Cette paix est particulièrement
fragile. Des affrontements isolés ont lieu quotidiennement, les F16
survolent en permanence le Liban et le blocus naval et aérien, imposé
par Israël, n'est toujours pas levé. Le Hezbollah refuse de déposer les
armes et le moindre incident peut rallumer le feu qui couve sous les
décombres. George Bush reproche à la France la tiédeur de son
engagement et la lenteur d'acheminement de ses troupes sur le terrain.
C'est un bien mauvais procès qui est fait à la France !
Aucun
mandat précis n'a, pour le moment, été donné à la FINUL et les
conditions de son engagement ne sont toujours pas définies. Les
Etats-Unis ont largement contribué à entretenir cette ambiguïté dans le
but de favoriser l'allié israélien et ils n'entendent participer, en
aucune manière, à la force d'interposition. Les 230 soldats français
mis à la disposition de la FINUL ne constituent pas un effectif
suffisant mais ils viennent s'ajouter aux 1700 hommes de l'opération
navale "baliste", déjà présents sur place depuis près d'un mois. Deux
mille autres devraient suivre très bientôt. L'opération Baliste a
permis d'évacuer de la zone des combats un grand nombre de
ressortissants de tous les pays et notamment américains. Elle a
également permis d'acheminer des secours de première urgence et de
faciliter l'intervention des organisations humanitaires. Les 230
soldats français en route pour le Liban emmènent dans leurs bagages
2200 tonnes de matériel dont une quinzaine de ponts du type "Bailey".
Ces ponts sont destinés à rétablir les communications, par dessus le
fleuve Litani, avec la région sud, pour l'heure totalement isolée du
reste du pays.
Depuis
le début de cette grave crise internationale, la France, devant la
carence des organisations internationales, a pris, seule, l'initiative
des missions qu'elle entendait mener à bien. Ces missions sont
essentiellement tournées vers l'assistance aux populations civiles et
l'armée française semble y être parfaitement dans son rôle.
La
quatrième convention de Genève définit trois catégories qui se trouvent
dans l'impossibilité de combattre et qui doivent, impérativement, être
protégées au cours des conflits armés. Il s'agit des blessés, des
prisonniers et des populations civiles. Les 192 pays signataires de ces
conventions se sont engagés, non seulement à respecter, pour eux mêmes,
ces règles, mais aussi à en imposer le respect aux belligérants de tous
pays. Dans la sauvage bataille qui a opposée l'armée israélienne aux
combattants du Hezbollah, les populations civiles ont payé le prix
fort. Quelques protestations se sont fait entendre mais aucun pays ne
s'est formellement opposé aux contrevenants. L'ensemble de la
communauté internationale se trouve, de fait, en situation d'infraction
aux conventions de Genève.
La
France est un pays dont le passé militaire est impressionnant. De
nombreuses et sombres périodes de notre histoire ont vu le territoire
national se transformer en champ de bataille. Au son d'un hymne
guerrier, la France a porté la guerre sur tous les continents, qu'il
s'agisse de conquêtes coloniales, d'ambitions impériales ou
d'assistance à ses alliés. L'armée française s'est peu à peu forgée en
fonction de la diversité des missions et de la variété des théâtres
d'opération. Aujourd'hui encore, elle possède des unités adaptées à
toutes les conditions climatiques ou géographiques. Des spahis, qui
constituaient l'avant-garde de l'opération "tempête du désert", aux
chasseurs alpins qui servent encore aujourd'hui dans les montagnes
La
France est une puissance nucléaire crédible. Notre territoire national
n'est pas menacé et n'a plus aucune raison de l'être même dans un
avenir lointain. L'armée a été récemment professionnalisée et possède
un très bon niveau de technologie et d'armement. Dans le cadre de
l'élaboration d'un système de défense européen, son organisation et ses
missions devront nécessairement être redéfinies. Le "culte de la force"
ne fait plus guère d'adeptes sur ce vieux continent et nous pourrions
envisager, sans déchoir, de tourner définitivement le dos à la guerre.
Au cours des dernières semaines, nos diplomates se sont démenés pour
obtenir un cessez le feu et ont fini par l'imposer. La communauté
internationale a, unanimement, salué le rôle de la France dans cette
victoire du courage et de la raison.
Pourquoi ne pas, définitivement, "repeindre en bleu" cette armée qui n'a pas démérité ? Non pas le bleu horizon de la campagne de 1914-1918, mais le bleu de la paix, le bleu ONU, le bleu des grandes causes humanitaires. La France, pays des droits de l'homme, n'est elle pas l'inventeur du devoir d'ingérence ? Ne pourrait on pas inventer une armée de la paix ? La protection des plus faibles nécessite, à la fois, force, sagesse et détermination. Notre histoire ne permet elle pas de justifier cette ambition ? Une telle décision ne contribuerait elle pas à rendre le monde plus juste et à briser enfin la facilité insidieuse qui entraîne les pays civilisés vers la loi du plus fort ? L'image et le rayonnement de la France n'en sortiraient ils pas grandis ? Ne serait il pas temps, également, d'adoucir un peu les paroles de notre hymne national et d'en faire un chant de paix ?
08 août 2006
Souvenirs vénéneux…
Reçu de Jean-Pierre Repiquet à La Ciotat (jean-pierre.repiquet@wanadoo.fr)
Hasard
du calendrier, les images de la destruction acharnée du petit état
libanais et des populations écrasées sous les bombes m'ont remis en
mémoire le sinistre anniversaire de la première attaque atomique de
l'histoire : le bombardement d'Hiroshima.
Le
6 août 1945, le B29 Enola Gay, larguait à 9000 mètres d'altitude, une
bombe d'une puissance de 20 kilotonnes. Cette bombe, surnommée "little
boy", avait été soigneusement revêtue, sur la base de Tinian, de
signatures et d'injures à l'adresse de l'empereur Hiro Hito. A 8h15,
lorsqu'elle explosa ,75000 personnes périrent sur le coup. 50000
blessés moururent dans les semaines suivantes. En quelques secondes,
l'humanité venait d'entrevoir le vrai visage de l'enfer !
L'équipage
de l'Enola Gay fut décoré immédiatement après s'être posé sur la base
de Tinian! Le 9 août 1945, Nagasaki fut bombardé à son tour. Une
troisième ville, choisie pour cible, fut épargnée grâce à de mauvaises
conditions météo. Le Japon capitula le 15 août 1945. Le syndrome
d'irradiation aiguë, en particulier par affaiblissement des défenses
immunitaires, continuera à tuer pendant des décennies. Le total cumulé
des victimes d'Hiroshima et de Nagasaki est estimé à 400000 personnes.
Aujourd'hui encore, le taux de certains types de cancer, sur les villes
bombardées, est trois fois supérieur à la normale.
La
spécificité "nucléaire" des armes utilisées ne sera comprise que très
progressivement par l'opinion publique internationale. Les pertes
humaines, prévisibles dans le cadre d'une
opération de débarquement des Américains au Japon, serviront, pendant
longtemps, de seule justification à l'utilisation de cette arme
"extrême". En 1988, la déclassification de certaines archives du
Pentagone et la publication de la correspondance du Président Truman
montreront que la réalité est tout autre. A la capitulation de
l'Allemagne nazie, le Japon est déjà très affaibli et sa défaite est
devenue inéluctable. Les Soviétiques entrent en guerre le 8 août 1945
en envahissant la Mandchourie occupée par les Japonais. Dès lors, la
capitulation reste la seule issue possible. L'Empereur avait décidé de
cesser les hostilités dès le 20 juin 1945 et, au moment du bombardement
d'Hiroshima, les pourparlers sont sur le point d'aboutir. L'usage, par
les Américains, de "la bombe", n'est pas évoqué comme un élément
décisif de sa décision de capituler. Alors comment expliquer le
bombardement d'Hiroshima et, a fortiori, la récidive sur Nagasaki,
trois jours plus tard.
Il
apparaît que la décision finale ait été prise par l'état-major
américain à qui le Président Truman avait laissé "carte blanche" sur
cette opération. L'état-major avait le souci de démontrer
"l'efficacité" et l'importance stratégique de cette nouvelle arme afin
de justifier l'énorme investissement consenti. Le projet "Manhattan"
élaboré en réponse à la course aux armements de l'Allemagne nazie,
avait déjà coûté deux milliards de dollars au contribuable américain et
sa poursuite ne pouvait être obtenue, du sénat, sans une démonstration
incontestable.
Il
convient également, pour Truman et Churchill, d'impressionner les
Soviétiques et de ralentir leur ardeur conquérante. Le bombardement de
Dresde, mené par l'aviation Anglo-Canadienne et Américaine, avait
anéanti la ville dans la nuit du 13 au 14 février 1945. Ce bombardement
extrêmement spectaculaire et meurtrier, sans aucun objectif militaire,
procédait déjà de la même logique d'intimidation. Hiroshima et Nagasaki
constituent le départ de la "guerre froide". Les Etats Unis venaient
d'inventer une nouvelle façon d'avancer leur pion sur l'échiquier
géopolitique.
Cette
méthode, à grand spectacle, sera réutilisée par la suite, sans
toutefois oser avoir, de nouveau, recours à l'arme nucléaire. Le
Vietnam sera le théâtre de plusieurs démonstrations de force
particulièrement sanglantes, à destination des Soviétiques et des
Chinois. L'invasion de l'Afghanistan et de l'Irak a, également, été
conduite de la même façon.
Il est à craindre que la symbolique "vitrification", dont est actuellement victime le Liban, procède de la même méthode de "démonstration/intimidation". Les Etats-Unis ne sont-ils pas en train de tenter d'impressionner l'Iran et la Syrie par l'intermédiaire de l'armée Israélienne ? Cette brutale et spectaculaire "exécution" n'est elle pas destinée à dissuader tous ceux qui voudraient s'opposer au "remodelage" du proche Orient selon Georges W. Bush. Il semble bien que la population civile libanaise soit en train de subir le sort des habitants d'Hiroshima et Nagasaki, le sort de victimes exemplaires d'un conflit qui ne les concerne pas.
03 août 2006
David et Goliath
Reçu de Jean-Pierre Repiquet à La Ciotat (jean-pierre.repiquet@wanadoo.fr)
Les Israéliens viennent d'entrer dans la vingtième journée d'une expédition punitive qui a tué plus d'enfants libanais que de combattants du Hezbollah. Au moment où le premier ministre israélien, Ehud Olmert, déclarait que les infrastructures du Hezbollah étaient "presque entièrement détruites", près de deux cents roquettes et missiles, comme pour démentir ses propos, s'abattaient sur le nord d'Israël. Les moyens jetés dans la bataille sont totalement disproportionnés. Dix mille hommes sur le champ de bataille et dix mille autres en réserve près de la frontière, l'aviation la plus puissante de tout le proche orient, des centaines de pièces d'artillerie, des blindés en grand nombre et une flotte entière assurant le blocus des cotes libanaises. L'appui inconditionnel des Etats-Unis et l'accès aux technologies les plus récentes pèsent, également, très lourd dans la balance. En face, les forces du Hezbollah sont difficiles à évaluer. Quelques milliers d'hommes, de l'armement léger, des roquettes ou missiles d'une précision très approximative, pas d'aviation, pas d'artillerie et pas d'unités navales. L'atout principal du Hezbollah est, avant tout, une adhésion très forte des populations chiites dans lesquelles il est parfaitement intégré. Israël déclare pour objectifs La libération de ses soldats, l'arrêt des tirs de roquettes et la maîtrise d'une bande de six kilomètres tout le long de la frontière Sud du Liban. Après vingt jours de combats acharnés et de pilonnage intensif, ces objectifs ne sont toujours pas atteints.

En
s'attaquant au plus vulnérable de tous les pays de la région
et en ratant sa démonstration de force, Israël est en
train de jeter à terre le mythe fondateur de David et Goliath.
L'opinion publique internationale, déjà "agacée"
par la subjectivité de "l'allié américain",
est en train de se démarquer durablement de la "politique"
israélienne et finit par se demander qui est David ? Et qui
est Goliath ? Les images terribles qui parviennent chaque jour du
Liban et l'effroyable bilan des pertes civiles ne peuvent laisser,
longtemps, indifférent. L'argument, sans cesse martelé
du "droit à se défendre" a perdu toute
crédibilité et ne pourra pas convaincre beaucoup plus
longtemps. Tôt ou tard (et le plus tôt sera le mieux) un
cessez le feu finira par être imposé par la communauté
internationale. Ni la sécurité d'Israël, ni
l'équilibre de la région ne sortiront renforcés
de ce sinistre gâchis. Seuls les extrémismes, une fois
de plus, auront triomphé. N'aurait-il pas été
plus efficace et constructif qu'Israël utilise sa puissance pour
imposer une coopération à l'état libanais et à
l'autorité Palestinienne afin de désarmer les milices
et assurer la sécurité des frontières ? Il est
vrai qu'Israël, depuis sa création, a plus souvent été
gouverné par des militaires que par des diplomates…
31 juillet 2006
Les loups sont entrés dans Paris
Reçu de Jean-Pierre Repiquet à La Ciotat (jean-pierre.repiquet@wanadoo.fr)
J'ai longtemps hésité à communiquer sur ce sujet mais je n'ai pas le courage de faire une telle impasse, bien que n'étant pas sûr de pouvoir maîtriser la colère qui gronde en moi à l'évocation de cette infamie. Je vais donc, pour une fois, m'exprimer sans souci particulier de modération, avec les mots tels qu'ils me montent du fond de l'estomac.
J'entends dans ma mémoire la chanson de Serge Reggiani, "Les loups sont entrés dans Paris…" Et je suis profondément révolté de constater que dans mon pays, la France, il est de nouveau possible, comme au temps ou les "loups" étaient dans Paris, que des policiers en civil pénètrent dans une école pour arrêter deux enfants et les jeter dans un avion en partance pour je ne sais quel pays de misère.
Et je vois les interminables files d'attente, en plein soleil, de ces familles de clandestins à qui l'on fait miroiter une hypothétique et très médiatique régularisation.
Et je vois Nicolas Sarkosy, en postulant à la charge suprême, faire la tournée des palais africains pour menacer de supprimer les subsides de la France à ceux qui ne "garderaient pas leurs pauvres chez eux".
Et je vois Arno Klarsfeld, sa marionnette pathétique, son médiateur d'une cause jugée d'avance, servir délibérément d'alibi et de caution, sans égards pour la tragique histoire de son peuple et l'exemplarité de ses parents.
Et je vois certains députés, voter cette loi inique, sans même un mot de protestation, soucieux seulement de ne pas compromettre leur carrière en désobéissant au futur maître de la France, déshonorant ainsi, sans sourciller, leur fonction parlementaire.
Et combien d'autres enfants subiront le même sort ? Combien de familles seront séparées et détruites ? Combien de destins et d'espoirs entrevus seront, arbitrairement, brisés d'un coup de tampon préfectoral ?
Et tout ce déballage de malheur et d'injustice pour racler quelques voix de plus à la droite la plus extrême, pour surenchérir sur les sentiments les plus inavouables d'une certaine opinion publique à la dérive.
J'ai, bien sûr, signé la pétition de RESF tout en sachant qu'il est déjà trop tard. Le mal, cette fois n'est pas venu de l'extérieur de nos frontières, il attendait en nous comme une maladie opportuniste.
J'admire et je salue le courage des enseignants et des citoyens, connus ou obscurs, qui s'opposent à ces arrestations et se déclarent prêts à cacher les enfants recherchés, quelles que soient les sanctions dont ils sont menacés. Ils sont les porteurs d'espoir et leur résistance justifie, à elle seule, le sacrifice et les souffrances de ceux qui, autrefois, se sont battus contre les loups…
10 juillet 2006
Tir décisif
Reçu de Jean-Pierre Repiquet à La Ciotat (jean-pierre.repiquet@wanadoo.fr)
Dans le stade de Francfort, à la cinquante quatrième minute du match Brésil/France, Thierry Henry a sauvé le gouvernement de Villepin.
La France est en demi-finale ! Oubliés le CPE, CLEARSTREAM, Guy DRUT, la privatisation de GDF, les 73% de mécontents…Et j'en passe.
Les Français ne pensent plus qu'à la finale du "Mundial" dont un heureux coup de pied a fait renaître l'espoir.
Les empereurs romains avaient déjà compris, qu'en période troublée, un spectacle de cirque ou un combat de gladiateurs suffisaient à rétablir la paix sociale. Qui aurait pu croire que deux mille ans plus tard, la mystérieuse mécanique qui régit les courants et méandres de l'opinion publique, obéirait toujours aux mêmes règles ?
Le football, en devenant une religion, serait il devenu tout naturellement l'anxiolytique préféré des masses laborieuses ? Et que se passerait il si "Les Bleus" gagnaient la finale ? Jacques CHIRAC pourrait il être réélu pour un troisième mandat ?
Décidément, seules les guerres et les grandes compétitions sportives rassemblent, en un consensus absolu, les peuples derrière leurs dirigeants.
Que serait il advenu du troisième Reich sans les jeux olympiques de Berlin ? Georges BUSH serait il encore président sans l'invasion de l'Irak ? Tout le monde n'a pas les mêmes moyens ni les mêmes ambitions et nous préférons le football. D'ailleurs les tentatives de manipulation de l'actualité n'ont pas toujours très bien réussi à nos dirigeants. La libération providentielle des otages français du Liban, cousue d'un fil trop blanc, avait, en son temps, coûté son élection à Jacques CHIRAC.
Quelle est la nature exacte des relations qui existent entre l'idéal sportif et la raison d'état ? Sans doute pas beaucoup plus avouables que les relations entre milieu sportif, milieu de la finance et milieu tout court.
Enfin, je ne vais tout de même pas prétendre, ici, que la débâcle intestinale de Ronaldo pendant la finale de 1998 était un "coup" des services secrets…
20 juin 2006
Hold-up au Palais Bourbon…
reçu de Jean-Pierre Repiquet à La Ciotat (jean-pierre.repiquet@wanadoo.fr)
<p>Le "Sarkozy code" enfin décrypté… </p>
Le 16 juin 2006, le Premier Ministre déclarait renoncer à présenter au parlement le projet de loi autorisant la privatisation de Gaz de France. Beaucoup y ont vu la marque d'un nouvel échec et le signe de la résignation.
Cette privatisation constitue un préalable indispensable à la fusion Suez/GDF imaginée par Dominique de Villepin et annoncée par lui, le 25 février, sur le perron de Matignon, devant toute la presse convoquée pour l'occasion. Il attribuait alors cette mesure, sans fausse modestie, a son "patriotisme économique". L'indépendance de GDF était prétendument menacée par une éventuelle OPA du groupe ENEL et la fusion avec Suez était la "seule parade possible". Cette démarche constitue surtout une continuité logique de la promulgation, le 9 août 2004, de la loi transformant EDF et GDF en sociétés anonymes et de l'introduction en bourse de GDF le 8 juillet 2005.
Par "patriotisme", De Villepin venait de vendre à l'étranger, un des plus beaux bijoux de la famille France…
La création d'EDF/GDF était intervenue au lendemain de la guerre, à l'initiative du Conseil National de la Résistance, et devait assurer à la France, en toutes circonstances, son autonomie énergétique. Sa construction ne fût pas chose facile. Tout au long des cinquante ans de son histoire, EDF/GDF a coûté de longs et pénibles efforts au contribuable français. Le groupe est devenu peu à peu un outil efficace de développement économique et un véritable symbole du service public "à la française". Le mètre cube de gaz et le kilowatt/heure au même prix, quelles que soient la localisation du consommateur sur le territoire français et les difficultés de raccordement, sont rapidement devenus une référence internationale. Cet idéal d'équité dans la répartition de l'indispensable énergie et la fierté un peu "franchouillarde" qu'ont suscité les exploits technologiques du groupe, lui ont attribué une forte valeur "patrimoniale" dans l'esprit des Français.
Lorsque Dominique de Villepin s'est avisé de vouloir préparer un projet de loi de privatisation de GDF, consacrant ainsi le désengagement définitif de l'état et le mariage avec Suez, il a été accueilli au palais bourbon par une véritable "bronca".
L'aile gauche de l'hémicycle a déclaré d'une seule voix qu'elle s'opposerait par tous moyens et astuces de procédure à l'adoption de ce projet scélérat. Dans les rangs de l' UMP, et contre toute attente, la mesure n'a pas fait l'unanimité, c'est le moins que l'on puisse dire…
Comprenant qu'il allait droit au devant d'un nouvel échec, Dominique de Villepin a, donc, annoncé l'ajournement du projet.
Il serait très inconvenant qu'il utilise le 49.3 contre sa propre majorité et son actuel "affaiblissement" (73% d'opinions défavorables) ne doit pas l'inciter à affronter une nouvelle fois la vindicte populaire.
Ajournement, oui…, mais pas pour longtemps. Le 19 juin 2006, soit trois jours plus tard, il décide que son impopularité étant probablement la seule cause de l'échec, ce serait désormais Thierry Breton qui porterait le projet ! Le ministre des finances fait "la tournée des popotes" avec pour mission de convaincre, un à un, les parlementaires UMP du bien-fondé de l'opération "fusion". Le projet leur sera resservi, comme un plat froid, dès le mois de septembre.
Voici encore un bel exemple de respect de la volonté du peuple français et de parfaite compréhension du fonctionnement des institutions de la République.
Jean Pierre Repiquet, La Ciotat, le 20.VI.2006

